L’Association Cause freudienne en Bourgogne Franche-Comté invite Henriette Michaud, psychanalyste, membre du Cercle freudien, pour une conversation autour de ses ouvrages d’histoire de la psychanalyse.
Quand ? Samedi 29 mars 2025, de 14h30 à 17h (accueil à partir de 14h)
Où ? Cellier de Clairvaux – salle haute
27 boulevard de la Trémouille
21000 DIJON
Prix : 10 euros (le paiement par carte bancaire n’est pas accepté)
Argument :
Nous aborderons l’histoire selon ses déclinaisons de l’Histoire à l’histoire que raconte chaque psychanalysant, en passant des petites histoires à l’historiole, l’historisation et l’historiographie, les fictions, le roman familial, et l’hystoire, sans exclure les secrets, ni « lisse poire » dans la lalangue.
L’inconscient dès lors est-il mémoire ou mémoires, chacun se mirant dans ses mêmes moires où se perdre. L’histoire circule-t-elle comme mémoire dans « les profondeurs du goût »[1] ?
Jacques Lacan ouvrit son retour à Freud en indiquant que « ce que nous apprenons au sujet à reconnaître comme son inconscient, c’est son histoire – c’est-à-dire que nous l’aidons à parfaire l’historisation actuelle des faits qui ont déterminé déjà dans son existence un certain nombre de « tournants » historiques. Mais s’ils ont eu ce rôle, c’est déjà en tant que faits d’histoire, c’est-à-dire en tant que reconnus dans un certain sens ou censurés dans un certain ordre[2] » et « L’inconscient est ce chapitre de mon histoire qui est marqué par un blanc ou occupé par un mensonge : c’est le chapitre censuré. Mais la vérité peut être retrouvée ; le plus souvent déjà elle est écrite ailleurs. A savoir »[3], dans les monuments, dans les documents d’archives, dans l’évolution sémantique, dans les traditions aussi, voire dans les légendes, dans les traces. A la fin de son enseignement et de sa pratique, Lacan sembla faire fi de l’histoire pour inscrire le symptôme dans un actuel pragmatique vers la fin d’une analyse qui ne peut se passer de ses prémices historiés dans les préliminaires.
Henriette Michaud nous propose donc une mise en ordre singulière de quelques histoires freudiennes, dont nous chercherons avec elle ce qu’elles recèlent de lectures et d’interprétations de l’œuvre freudienne, toujours si efficiente, quoi qu’en dise les fossoyeurs oublieux de la fonction active de l’histoire. Freud et les intellectuels de Bloomsbury marquant l’histoire éditoriale, les Almanachs freudiens un peu oubliés, et les références freudiennes à Shakespeare à l’histoire discutée nous seront autant de pierres ajoutées à l’édifice mémoriel de la psychanalyse.
Didier Mathey, délégué régional ACF en Bourgogne Franche-Comté
AI Free (comme gluten Free)
[1] Lacan Jacques, « Kant avec Sade », Ecrits, p. 765. « un déblaiement s’opère qui doit cheminer cent ans dans les profondeurs du goût pour que la voie de Freud soit praticable. Comptez-en soixante de plus pour qu’on dise pourquoi tout ça ».
[2] Lacan Jacques, « Fonction et champ de la parole et du langage en psychanalyse », Ecrits, Seuil, page 261.
[3] Lacan Jacques, « Fonction et champ de la parole et du langage en psychanalyse », Ecrits, Seuil, page 259.