Le CPCT-parents de Rennes vous convie à un colloque proposé par l’ARPELS. Il se déroulera en présence d’Adriana Campos, psychanalyste, membre de l’ECF.
Il est fréquent qu’un parent qui s’adresse au CPCT-parents1Centre Psychanalytique de Consultations et de Traitements-parents vienne dire, dans sa langue propre, l’énigme que constitue pour lui son enfant. Celui-ci peut venir questionner, heurter, par sa parole ou par son acte, ce qui semblait jusque-là faire vérité. Le parent témoigne de ce qui, dans le vif de sa réponse, lui a échappé. Il est amené à prendre position, non sans empressement, ou au contraire à se taire dans un mouvement de retenue. Il rencontre ces moments où son enfant lui signifie ce dont il ne veut pas lui parler.
Aujourd’hui, la proposition d’aller voir un psy s’est généralisée. Le soin ou care tend à une logique de remise en forme. Parler du lien à son enfant deviendrait un remède aux conflits, supposant que l’on sache ce qui ne va pas ou que la causalité serait univoque. Mais le modèle problème-solution se révèle réducteur et anesthésiant, puisqu’il néglige l’ombre que comporte la photo de famille, au-delà de son image narcissique. La famille s’agrandit, non sans pertes et elle se soutient parfois d’un seul parent, se recompose sans garantie de ce qui réunit. Elle s’ordonne de places dont ses membres ne se satisfont pas toujours. Les tensions peuvent devenir vives lorsqu’un impossible à supporter frappe à la porte. Des équipes scolaires, éducatives, soignantes, sociales mettent au travail le lien avec les parents.
Alors, consulter, est-ce venir dialoguer ? Au CPCT-parents, dans le temps limité d’un traitement court qui peut aller jusque seize rendez-vous, les questions qui entourent le désir de faire famille sont accueillies, ainsi que ce qui ne trouve pas sa place, taraude, ne fait plus sens. Quelles sont donc les conditions d’une prise de parole, au-delà de l’exposition d’une blessure qui attendrait son pansement ? Comment faire résonner ce qui, dans la parole, se trouve étouffé, écrasé sous un sentiment d’impuissance ? S’agit-il seulement de dire ce que l’on ne peut dire à personne ?
Ce qui oriente le consultant du CPCT est plutôt ce qui ne se sait pas encore et qui cherche à se dire : « […] quand vous produisez un dit, il est accompagné toujours par un hôte invisible, une sorte de fantôme qui est le dire, et qui est oublié […] »2Miller J.-A., « L’Orientation lacanienne. Un effort de poésie », enseignement prononcé dans le cadre du département de psychanalyse de l’université Paris VIII, cours du 4 décembre 2002, inédit.. À partir de ce qui rate, de ce qui ne fait pas relation, un savoir peut se construire et s’inventer, dans les conséquences d’une parole adressée à un consultant qui en accueille les détours. Celui-ci s’appuie sur ce dire de
J. Lacan : « On crée une langue pour autant qu’à tout instant on lui donne un sens, on donne un petit coup de pouce, sans quoi la langue ne serait pas vivante »3Lacan J., Le Séminaire, livre XXIII, Le Sinthome, texte établi par J.-A. Miller, Paris, Seuil, 2005, p. 133.. Dès lors, comment un traitement par la parole peut cerner ce réel, point vif de l’existence, venu faire irruption ?
À partir de cette orientation, Adriana Campos, psychanalyste, membre de l’École de la Cause freudienne, discutera les exposés cliniques de trois consultants du CPCT-parents et interviendra sur notre thème.
Alain Le Bouëtté, directeur du CPCT-parents
Date et heure
Le ,
Lieu
Maison de Quartier de Villejean
2 rue de Bourgogne
35000 Rennes
Autres informations
Contact : cpct.parents.colloque@gmail.com / 06 13 12 26 46
Tarif
30 euros
Étudiants et demandeurs d’emploi : 10 euros
Inscription
https://my.weezevent.com/le-vif-de-la-parole-ce-qui-se-dit-se-tait-surgit

