Invitée : Francesca Biagi-Chaï (membre de l’ECF)
Argument
« On parle tout seul, parce qu’on ne dit jamais qu’une seule et même chose, sauf si on s’ouvre à dialoguer avec un psychanalyste. (1) ». L’expérience clinique nous montre que certains parlêtres répètent une plainte parfois truffée de sens commun avec l’idée qu’en la communicant à un autre, ils s’en trouveront soulagés.
Au CPCT-Paris, cette demande est tout d’abord adressée à un consultant puis à un praticien, tous deux orientés par la psychanalyse. Lors du premier entretien préalable au traitement et dans la suite, ils vont être attentifs à tout autre chose. Ce quelque chose qui ne concerne pas la communication mais les signifiants qui insistent émaillant le discours, des manières de dire qui sortent de l’ordinaire. Attraper ce qui se loge dans la manière singulière de dire de chacun est une façon de sortir de l’emballement du sens, qui endort.
« Il n’y a pas moyen de faire autrement que de recevoir d’un psychanalyste ce quelque chose qui en somme dérange, d’où sa défense et tout ce qu’on élucubre sur les prétendues résistances (2) », continue Lacan. Un signifiant épinglé ou une expression soulignée par le clinicien peuvent dès lors se faire entendre autrement par celui qui parle. C’est le degré minimal du dérangement de la défense du sujet. Distinguer quelques mots qui comptent dans le torrent de la parole sert à trouver une ouverture à une autre dimension.
Si la psychanalyse est « une pratique de bavardage (3) », celui qui l’exerce y répond en « tranchant (4). Il utilise les différentes modalités de la coupure : distinguer, démêler, discerner, isoler, identifier, séparer, sélectionner. Autant de verbes qui laissent entendre une opération sur le tissu du discours. Chacune est affine au traitement court proposé par le CPCT. Selon le cas et le moment du traitement, cela permet d’organiser une temporalité qui peut servir de repère, à percevoir un signe discret, à nuancer un terme, à trouver des séquences, à énumérer des séries, à défaire un collage… A chaque fois, il s’agit d’une affaire de précision, dans le détail. Ces différents usages ont des effets. Ce sont des questions que nous aborderons au plus près de ce que nous enseigne la clinique.
1. Lacan J., Le Séminaire, « L’insu que sait de l’une-bévue s’aile à mourre », leçon du 11 janvier 1977, Ornicar ?, n°14, p. 7.
2. Ibid.
3. Lacan J., Le Séminaire, « Le moment de conclure », leçon du 15 novembre 1977, inédit.
4. Ibid.
Date et heure
Le ,
Lieu
Autres informations
Visioconférence
Renseignements et inscription : mail.cpct.paris@gmail.com
Tarif
15 euros